« LA QUETE D’EWILAN »
Avant même de parler de l’adaptation, il faut se souvenir des romans de Pierre Bottero. Beaucoup de lecteurs sont entrés en fantasy par Ewilan, et l’attente autour d’une série animée était forte.
La série arrive sur France.tv et Okoo, avec un rythme de diffusion pensé pour les familles.
Ce que j’ai aimé, c’est l’énergie narrative, le rythme qui accroche, la volonté de rendre l’univers accessible, y compris à des enfants un peu plus jeunes que le lectorat initial. Le design des décors et l’immersion dans Gwendalavir fonctionnent très bien, la magie fondée sur le Dessin est lisible et convaincante, et les scènes d’action trouvent un équilibre juste.
Je crois que cette adaptation peut jouer un rôle précieux, donner envie de revenir aux romans, ou d’y entrer pour la première fois.
La Quête d’Edwilan – Disponible sur France.TV

« LOVE STORY », JFK ET CAROLYN BESSETTE
Je me suis laissé entraîner par cette mini-série, parce qu’elle rejoue les années 90 et qu’elle regarde de près le poids de la célébrité sur l’intimité. La série s’intéresse moins au conte de fées qu’à sa face sombre : l’emprise du regard public, l’usure, la solitude qui se creuse quand on devient un symbole.
Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est cette tension permanente entre l’élégance apparente, les looks iconiques, la maîtrise de l’image, et l’agonie psychologique que cela peut produire. Sans suspense sur l’issue, la série tient justement par cette lente descente, presque clinique, mais filmée avec sobriété.
Love Story – Disponible sur Disney+

« GAGNE ou PERDU »
Dans Gagné ou perdu, Pixar raconte la vie d’une équipe de softball collégienne. Une série sur la compétition, mais surtout sur la solidarité et la confiance.
Chaque épisode de Gagné ou perdu adopte le point de vue d’un personnage différent : joueuse, entraîneur, parent ou arbitre. On y découvre que le résultat du match importe moins que les histoires qui s’y croisent. Derrière chaque score, il y a des peurs, des rêves, des efforts souvent invisibles.
La série capte ce que le sport révèle : l’envie de se dépasser, la peur de décevoir, le besoin d’appartenir à un groupe. Avec une écriture fine et une animation réaliste, Gagné ou perdu montre que grandir, c’est souvent apprendre à perdre sans se perdre soi-même.
Vue en famille, elle ouvre de belles conversations. Les enfants y retrouvent leurs doutes, les adultes leur rôle d’accompagnants. Parler d’un épisode après l’avoir regardé devient un moyen simple d’échanger sur la confiance, la rivalité, la pression. Le sport devient ici un langage commun.
Dans une équipe comme dans une famille, chacun joue sa propre partition.
Gagné ou Perdu, disponible sur Disney+

« EMPATHIE »
Florence Longpré signe avec Empathie une série rare, drôle et bouleversante, qui explore la fragilité sans pathos et la dignité du soin au quotidien.
Empathie nous emmène dans un hôpital psychiatrique de Montréal. On y suit ceux qui soignent et ceux qui vacillent, sans cliché ni drame forcé. La série alterne entre humour et mélancolie, montrant le quotidien de ces lieux où la folie, la tendresse et la lassitude cohabitent.
Là où d’autres auraient choisi le misérabilisme, Florence Longpré privilégie la justesse. Son regard est franc, souvent drôle, profondément humain. On rit, on serre les dents, on se tait. Chaque personnage a sa faille, sa lumière, son silence. L’ensemble respire une vérité rare, celle des vies ordinaires qu’on regarde enfin.
Empathie rappelle que la vulnérabilité n’est pas un défaut, mais une manière d’habiter le monde. On en ressort ému, parfois chamboulé, mais surtout apaisé. C’est une série qui réveille l’attention, celle qu’on porte aux autres comme à soi-même.
Parfois, il suffit d’écouter pour comprendre à quel point nous sommes tous un peu fragiles.
Empathie, une série de Florence Longpré. Disponible sur Canal+

« LA DIPLOMATE »
Entre crises politiques et solitude du pouvoir, La Diplomate explore la ligne ténue entre conviction personnelle et devoir d’État.
Dans cette troisième saison, Kate Wyler poursuit sa mission diplomatique au cœur d’alliances fragiles et de tensions internationales. Derrière les négociations et les stratégies, la série s’intéresse à ce qu’il reste de soi quand on doit toujours convaincre, rassurer ou décider.
La Diplomate n’est pas qu’un thriller politique. C’est une réflexion sur la fatigue du pouvoir, sur l’usure des idéaux quand tout se joue dans la nuance. Les dialogues sont précis, les silences encore plus. On y sent le prix à payer pour maintenir la façade, la solitude de ceux qui ne peuvent se permettre le doute.
La série excelle dans ce qu’elle ne dit pas. Les regards, les hésitations, les gestes minuscules disent plus que les discours. On y retrouve ce goût du réalisme cher aux productions britanniques, où chaque scène pèse par sa justesse plus que par son effet dramatique.
Et si le vrai pouvoir n’était pas de convaincre, mais de rester soi-même quand tout vacille ?
La Diplomate – Saison 3 – Disponible sur Netflix

« PLURIBUS, OU LE VERTIGE D’UN BONHEUR SANS NUANCE »
Je me suis laissée emporter par Pluribus comme on entre dans une fable dérangeante. Une histoire intrigante, non conformiste, qui semble d’abord jouer avec les codes de la dystopie, avant de poser une question beaucoup plus intime : que devient l’humanité lorsque le bonheur cesse d’être un désir pour devenir une norme ?
La série imagine un monde transformé par un virus mystérieux. Peu à peu, les humains se retrouvent unis mentalement dans une forme de conscience collective pacifiée, une harmonie presque parfaite. Une société où la tristesse n’a plus sa place, où l’optimisme devient un état commun, partagé, imposé.
Au cœur de ce dispositif, Carol. Une femme imparfaite, profondément ancrée dans le réel, et surtout, l’une des seules à résister. Cette singularité fait d’elle une étrangère au sein d’un monde devenu lisse. Elle cherche à comprendre, à lutter, à retrouver une part de désordre. Comme si elle devait sauver l’humanité… du bonheur.
C’est là que Pluribus devient fascinante. Car la série ne parle pas seulement d’un virus ou d’une utopie forcée. Elle interroge ce que nous perdons lorsque tout se ressemble, lorsque les émotions se standardisent, lorsque le collectif efface les aspérités.
Le titre lui-même porte cette tension. Pluribus, “plusieurs”, renvoie à la devise “E pluribus unum” : de plusieurs, un. Mais que signifie devenir un, si cela implique de renoncer à la nuance, au sens critique, au doute ?
Dans un monde où tout pousse à l’uniformité, la série questionne la place de l’individu. Non pas l’individualisme, mais cette part singulière en chacun, celle qui hésite, qui vacille, qui résiste à la simplification.
J’ai aimé les questions que soulève Pluribus parce qu’elles résonnent étrangement avec notre époque. Nous sommes entourés des mêmes contenus, des mêmes récits, des mêmes injonctions au bien-être, à la positivité, à la visibilité. Et la série ose retourner la perspective : et si le danger n’était pas la douleur, mais l’effacement progressif de tout ce qui fait notre complexité ?
Ce qui m’a frappée dans Pluribus, c’est cette idée paradoxale : défendre le droit au doute, à l’imperfection, à la tristesse même, c’est peut-être défendre ce qui nous rend profondément vivants.