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Coyote, perdue et retrouvée

Coyote perdue et retrouvée, de retour sur la route.

Dans le premier tome, Coyote Sunrise mettait en lumière Coyote, une adolescente vive et sensible, et sa relation avec son père, Rodéo, lors d’un long voyage à travers les États-Unis dans leur bus aménagé. Un voyage qui ressemblait autant à une aventure qu’à une fuite en avant après la perte brutale du reste de leur famille, la mère et les deux sœurs de Coyote, dans un accident de voiture.
Dan Gemeinhart y abordait le deuil avec une grande délicatesse. Derrière les situations parfois burlesques et les rencontres improbables, il faisait naître une émotion profonde, souvent dans les silences entre ce père et sa fille.

C’est avec beaucoup d’attente que je me suis plongée dans ce deuxième tome, heureuse de retrouver ces personnages devenus profondément attachants.

Cette fois, Coyote et Rodéo reprennent la route pour trouver l’endroit où disperser les cendres de la mère de Coyote. Mais ce nouveau voyage ne se fera pas seuls. De nouvelles rencontres viennent peu à peu rejoindre leur route, tandis qu’ils repartent aussi sur les traces de leur ancien road trip pour retrouver un livre ayant appartenu à la mère de Coyote. Un livre qui pourrait révéler bien plus qu’ils ne l’imaginent.

Le sujet pourrait sembler lourd pour un roman destiné aux adolescents et pourtant Dan Gemeinhart le traite avec une grande justesse. Il parle du deuil, de la reconstruction, des liens familiaux et amicaux, sans jamais enfermer son récit dans la tristesse. Au contraire, il y a ici beaucoup d’humour, de mouvement, de dialogues vifs et une vraie énergie de vie.

L’auteur montre aussi avec beaucoup de finesse la manière dont les relations évoluent, se déplacent, se réparent parfois. Les adolescents retrouveront dans les échanges entre les personnages quelque chose de très contemporain, proche du ton de certaines séries qu’ils regardent aujourd’hui, avec cette capacité à passer rapidement de l’humour à l’émotion sans que cela paraisse artificiel.

Coyote reste une héroïne particulièrement touchante. Elle avance, doute, fait des erreurs, se perd parfois, mais cherche toujours à retrouver une forme d’équilibre. C’est sans doute ce qui la rend aussi crédible et attachante.

J’ai particulièrement aimé ce ton décalé qui ne retire jamais rien à la profondeur du récit. Les situations rocambolesques s’enchaînent, les rencontres donnent du rythme au voyage, et pourtant l’émotion reste toujours présente en arrière-plan. Le roman conserve jusqu’au bout cette sensation de mouvement et de liberté propre aux grands récits de route.

Entre les pages et la vie

Ce roman rappelle combien certains livres jeunesse savent parler de sujets difficiles avec une liberté que la littérature adulte perd parfois. Ici, le deuil n’est jamais figé. Il circule à travers les kilomètres, les discussions, les disputes, les souvenirs et les rencontres.
Dan Gemeinhart montre aussi que grandir ne signifie pas forcément “aller mieux”, mais apprendre peu à peu à vivre avec ce qui nous manque.

La lecture m’a beaucoup fait penser à l’atmosphère des films Captain Fantastic et Little Miss Sunshine, pour leur manière de mêler humour, chaos familial, tendresse et profondeur au cœur d’un road trip atypique.

« Coyote perdue et retrouvée » est un roman jeunesse sensible, drôle et profondément humain, qui accompagnera aussi bien les adolescents que les adultes qui monteront à bord de ce voyage si particulier.

« Une grande partie de moi avait envie d’éclater en sanglots. Mais dans la vie, parfois, avec un peu de chance, on peut choisir. Et j’avais choisi de rire. » 

« Peut-être qu’au fond le sujet de cette histoire, c’était la découverte. Trouver des cendres, trouver un livre, trouver des amis, trouver sa place, trouver des indices, trouver ses ailes, trouver un moyen et, à la fin, trouver la paix. Parce qu’on perd tous beaucoup de choses en chemin. C’est inévitable. Mais avec un peu de chance, on en trouve beaucoup d’autres. Et j’étais une petite veinarde. »

« Coyote, perdue et retrouvée », aux Editions PKJ.

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